mardi 13 février 2018

Les Portes du paradis

Auteur : Melissa de la Cruz

Édition : Wiz Albin Michel (site)

Pages : 377

Prix : 13,50 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Londres. Lieu de la confrontation à mort entre sang-bleu et sang-d'argent
Si la bataille est inévitable, les deux camps ignorent ce qui la déclenchera.
Plus que le combat, Theodora craint de se retrouver face à son grand amour et de perdre la guerre. Sans imaginer une seconde que, dans cette lutte sans merci, les deux sont liés...


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur les tomes précédents !

Voilà une éternité que cet ultime tome de la saga Les Vampires de Manhattan traîne dans ma bibliothèque. De fait, j'avais un peu peur d'être complètement perdue voire de ne plus apprécier autant cette saga commencé il y a des années. Mais bon, il fallait bien la finir un jour ou l'autre.

Si j'en doutais, c'est finalement avec un immense plaisir que j'ai replongé dans l'univers de cette saga. Utiliser les anges et l'histoire biblique pour expliquer l'existence des vampires me paraît toujours aussi ingénieux, original et intéressant.

Ce dernier tome, à travers des chapitres passés du point de vue de la mère de Théodora, s'attèle à raconter comment Bliss est venue au monde. Forcément, cela fait un moment qu'on se demande comment Lucifer et Allegra ont pu avoir un rejeton ensemble au vu de leurs antécédents...
À côté de ces flashbacks, on suit encore Mimi (toujours aussi géniale !) et Théodora (dont je me fiche comme d'une guigne). Mimi est toujours égale à elle-même, toujours dotée de son sacré caractère et reste mon personnage favori. D'ailleurs, en toute honnêteté, seuls les chapitres flashbacks et ceux concernant Mimi m'ont vraiment accroché. À vrai dire, je crois que je pourrais lire un tome entier rien qu'avec le point de vue de Mimi.

Cela dit, une surprise est venue de Théodora. Elle qui m'agaçait continuellement dans les tomes précédents, je l'ai trouvé ici relativement supportable. Peut-être parce que Jack n'est pas dans les parages... Ce qui l'empêche du coup de jouer les amoureuses tragiques. Toujours est-il que Théodora prend ici les devants, elle est beaucoup plus mûre dans son comportement et ses décisions (le temps passe en même temps !), elle découvre sa famille et - chose ô combien surprenante - ne place pas sa romance avec Jack au-dessus de tout. C'est une décision qui m'a surprise positivement.  En revanche, les fans du couple Jack/Théo risquent d'être déçus puisqu'ils n'apparaissent ensemble qu'à la toute fin (honnêtement, je m'en fous complètement vu que ces deux-là ne m'ont jamais intéressé).
Mimi et Kingsley apparaissent, eux, plus souvent, mais les circonstances n'aidant pas (rappelons que Mimi est forcée de servir Lucifer), ce n'est pas assez à mon goût. Cela dit, je les adore toujours autant ! Aucun n'a l'ascendant sur l'autre, ils forment un duo à la fois explosif et équilibré. Ils sont égaux et c'est le genre de relation qui fait plaisir à voir.
Le personnage d'Oliver me laisse par contre un goût amer. Je ne l'ai plus reconnu et la conclusion le concernant me laisse on ne peut plus perplexe. Je ne comprends pas ce virage à 180 degré de sa part et c'est pour moi une immense déception. Où est passé le jeune homme gentil et loyal ? 

Avant de lire ce dernier tome, j'avais lu le recueil de nouvelle Bloody Valentine qui m'a bien servi pour comprendre Oliver (en partie en tout cas...), mais le plus nécessaire est sans doute de lire le spin-off sur Bliss et les loups. Que je n'ai pas lu. Et j'aurais dû. Certains éléments de l'intrigue côté Bliss restent très flous à mes yeux. Même si l'auteur place quelques rapides explications, on sent tout de suite qu'on a manqué un gros pan de l'histoire. Le point de vue de Bliss m'a donc moins intéressé et je n'ai pas pu m'attacher aux personnages qui l'accompagnaient ni comprendre comment elle est entrée dans leur meute. La lecture de ce spin-off me paraît donc nécessaire avant de commencer ce dernier tome.

L'intrigue tourne en outre pas mal en rond, du côté de Bliss et Théodora en particulier (même si l'auteur maîtrise toujours à la perfection les cliffhangers à chaque chapitre, dur de ne pas lire le suivant à chaque fois...). Un pas en avant et deux pas en arrière pourrait être le credo de ces chapitres. Ça piétine et quand Théodora prend le temps d'aller voir sa famille qu'elle ne connaît pas alors que la guerre est aux portes du monde, j'ai l'impression qu'on se paie ma tête. Ce moment est totalement incongru. On pourrait même croire que l'auteur meuble.
Quant à l'affrontement final que j'attendais fébrilement, c'est un soufflé qui gonfle, qui gonfle et puis pschiiiiiiitt ! Tout se dégonfle pitoyablement. Deux pages ! Une bataille pas du tout décrite, du coup des morts constatées après coup qui ne touchent pas. Je suis très déçue. J'en attendais beaucoup plus. J'ai eu l'impression que l'auteur a un peu esquivé une partie qu'elle ne se sentait peut-être pas d'écrire. Mais comme j'adore la fin de Mimi et Kingsley, tout va bien.

EN BREF :

Un univers toujours aussi intéressant mais une partie de l'intrigue nécessite la lecture du spin-off sur Bliss pour une meilleure compréhension (voire une compréhension tout court). Mimi est toujours aussi géniale et restera parmi mes personnages favoris. En revanche, l'affrontement final est totalement bâclé et si le sort de Mimi et Kingsley (le plus important à mes yeux) me convient parfaitement, certains personnages connaissent des fins décevantes.

JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

samedi 27 janvier 2018

La Passe-miroir - Tome 1 : Les Fiancés de l'hiver

Auteur : Christelle Dabos

Édition : Gallimard Jeunesse (site)

Pages : 519

Prix : 18 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Si je me souviens bien (ce qui n'est pas toujours le cas...), j'ai survolé ce premier tome lorsqu'il était disponible à la lecture en tant que participant au concours premier roman Gallimard. C'est d'ailleurs le seul que je suis allée lire car c'était le synopsis le plus intéressant à mes yeux. Après, le roman étant disponible uniquement en ligne et la lecture sur PC étant une horreur pour mon crâne, je n'avais fait que le survoler. Heureusement, j'ai été ravie d'apprendre à la fin du concours que ce roman avait gagné ! Bref, tout ça pour dire que, même si j'ai mis longtemps à l'acquérir, cet achat était prévu depuis belle lurette.

Dès le premier chapitre, ce qui saute immédiatement aux yeux c'est : l'univers. L'imaginaire sans limite de l'auteur a concocté un monde aux multiples influences. Harry Potter et Miyazaki font parti entre autres des noms qui m'ont traversé l'esprit. Un bon point qui m'a rappelé l'une de mes récentes lecture Enfant du Chaos d'Eva Simonin.
J'ai apprécié en particulier les influences historiques de l'univers, que ce soit au niveau des costumes, des décors et des mœurs. Le Pôle est d'ailleurs une arche de faux-semblants, de tromperies et de manipulations jusque dans ses décors. L'univers est une véritable découverte, il est unique en son genre et pousse toujours plus loin les limites de l'imagination.

Du côté des personnages, Ophélie a, en tant qu'héroïne, tout à fait rempli le contrat pour moi. Extérieurement, elle est très fragile, et la pauvre n'y peut pas grand chose, mais elle est dotée d'un mental d'acier. Elle ne parle que très peu, mais si elle doit dire quelque chose elle saura se faire entendre. Discrète, silencieuse, on pourrait la croire à tort soumise et faible de caractère, mais il n'en est rien, et Thorn en fera les frais. J'ai apprécié voir la timidité et la discrétion ne pas être forcément associé à un caractère malléable. Ces deux traits de caractère n'empêche pas d'avoir de fortes opinions. Elle ne parle certes pas à tort et à travers, n'est pas une tête brûlée, mais elle connaît ses valeurs et ne laissera personne les lui enlever.
C'est donc une héroïne comme je n'en ai lu nulle part ailleurs, et ça fait du bien ! Surtout que je m'attache rarement aux héros, mais cette petite Ophélie, je l'aime bien. Je parviens à la comprendre, à m'indigner contre les gens qui la méprisent. Certainement car elle est pourvue de traits de caractère que la société dénigre mais auxquels j'ai pu m'identifier.

Venons-en maintenant au sujet épineux qu'est Thorn (il m'a fallu quelques secondes pour me rendre compte de ce jeu de mots non voulu....). Autant vous avouer que, contrairement à Ophélie, on ne peut pas dire qu'il m'ait fait bonne impression dès le début. Impoli, sec, méprisant et taiseux, on peut dire qu'il en tient une bonne couche ! J'aurais aimé que l'auteur nous fasse quand même un peu rêver ne serait-ce que physiquement (superficialité, bonjour) parce que sa personnalité m'a fait l'effet d'une douche à température négative.
Ce sont dans les moments où il se décompose, où il baisse sa garde que je me suis finalement surprise à l'apprécier. Car ce sont dans ses moments de vulnérabilité (somme toute relative...) que l'on voit l'homme brisé derrière la façade d'acier. La découverte de son passé plus tard dans le roman permet de mieux le comprendre (même si cela n'excuse pas tout !). Sa vie a tout d'un cauchemar, et ce, depuis sa naissance. Il a été forgé dans dans la souffrance et le rejet et cela l'a rendu plus dur qu'un roc.
Malgré des débuts compliqués, j'ai donc fini par apprécié la complexité de ce personnage. Et vu le caractère de Thorn, j'avais peur que celui-ci soit trop silencieux, mais s'il l'est bien au début, il finit par prendre sur lui au fil du roman et par communiquer (même si l'on voit qu'il se fait violence).

Et à mes yeux, la relation entre Thorn et Ophélie est parfaitement bien menée. Voir Thorn perdre ses moyens est un pur délice tant il se montre froid et inflexible la plupart du temps. Et pour une fois le rôle féminin est tout sauf attirée par le rôle masculin. Il est d'ailleurs curieux et surprenant de voir le plus froid des deux éprouver plus de sentiments qu'il ne le voudrait quand l'héroïne n'est pas du tout intéressée et n'en fait pas mystère.
Ce début de romance a dans son évolution un air d'Orgueil et préjugés, ce qui n'est pas du tout pour me déplaire. Bien au contraire. Je regrette simplement que les rencontres ne soient pas plus nombreuses entre eux et de ne pas savoir quand ont commencé à évoluer les sentiments de Thorn à l'égard d'Ophélie. La romance n'en est qu'à ses balbutiements, tout reste à faire, ce qui est parfait pour un premier tome. Leur relation n'est pas envahissante et tout sauf mielleuse. Elle est si discrète que chaque mot, chaque regard, chaque hésitation revêt une importance. Cela dit, l'intrigue ne repose pas non plus sur leur histoire et pourrait tout à faire exister sans.

Concernant les autres personnages, même si certains d'entre eux paraissent simplistes au début (la famille d'Ophélie notamment), l'auteur finit toujours par creuser un peu plus profond et par déterrer des aspects positifs chez chacun. Ce fut le cas par exemple pour la tante d'Ophélie, que je trouvais très superficielle comme personnage au début mais que l'on découvre autrement par la suite.
Chaque protagoniste a deux faces et beaucoup d'habitants du Pôle sont si tordus qu'on ne sait plus quel est leur vrai visage. Personnellement, c'est Archibald que j'aimerais beaucoup découvrir plus avant. Il a tout d'un chapelier fou, mais si l'on creuse, je suis persuadée de trouver un aspect plus profond et sérieux chez lui, et c'est ce qui m'intéresse le plus.
In fine, je suis plutôt satisfaite du traitement des personnages. Certains cachent même si bien leur jeu que je me suis fait bien avoir.

L'intrigue, si elle ne contient pas d'action à proprement parler, est tout de même très addictive. On a plutôt affaire à une intrigue politique tout en secrets, mensonges, manipulations, apparences et assassinats.
Ophélie est plongée dans un bien sombre guêpier à cause de Thorn. La pauvre va en prendre plein la figure. Je me demande encore comment elle réussi à garder sa santé mentale et physique ! Heureusement, même si elle doit se méfier de tout et tout le monde, elle a des personnes sur qui compter.

Narré à la troisième personne, du point de vue d'Ophélie, l'apport d'autres points de vue ne m'a curieusement pas manqué, le roman étant plutôt bien complet (si ce n'est que j'aurais aimé avoir accès à l'évolution des sentiments de Thorn). Et concernant le style, je n'ai rien à redire, c'est un très bon équilibre et une belle façade qui colle à l'univers dévoilé.

EN BREF :

Une héroïne qui sous sa discrétion et ses silences ne s'en laisse pas compter, une relation houleuse qui ne fait que démarrer, un univers unique et surprenant, une intrigue mystérieuse et palpitante et des personnages complexes et ambivalents. Un bon premier tome !


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une saga de 4 tomes.
  • Le tome 2 Les Disparus du Clairedelune et le tome La Mémoire de Babel sont déjà disponible chez Gallimard Jeunesse.
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